À Mayotte, petit territoire français d’outre-mer, on se bat pour un îlot de quelques hectares. Sur cet îlot, nommé M’Bouzi, 500 makis vivent en harmonie grâce à 20 années de travail bénévole pour sauver ce qu’il reste de lémuriens sur Mayotte… Un travail bien peu récompensé pour l’association Terre d’Asile et sa présidente Brigitte Gandon.


C’est une histoire qui a commencé il y a 20 ans. Brigitte Gandon recueille à son domicile un bébé maki blessé que lui rapportent des enfants. Elle le soigne avec amour et la nouvelle se répand très vite. On lui en apporte d’autre, et puis d’autre jusqu’à ce qu’elle se retrouve avec 50 makis chez elle. Un surnom lui est donné, elle sera maintenant « mama comba » maman makis. Mais que faire de ces encombrants protégés ? Ici, personne n’en veut ni ne veut s’en occuper, la Direction de l’agriculture et de la forêt ne veut en entendre parler. Les plaintes commencent à pleuvoir. Que faire, les remettre en liberté, c’est leur assurer une mort à très court terme. C’est son fils qui lui soufflera la solution : il existe un îlot où personne ne va jamais (sauf quelques clandestins anjouanais), c’est l’endroit idéal pour installer la petite colonie. Ce qui fut fait au prix de bien des difficultés pour ce petit bout de femme qui a même décidé durant trois années de vivre avec eux, sans retourner sur Mayotte, afin de les étudier et les protéger. 

Aujourd’hui, les makis se sont bien adaptés, nourris et soignés, ils se sont reproduits et sont à présent 500. L’îlot est assez grand pour les accueillir mais ce n’est pas du goût des autorités qui voient Brigitte Gandon comme la Diane Fossey des lémuriens et tentent par tous les moyens de l’expulser, elle et ses makis. Rappelons que les Lémuriens sont des animaux totalement protégés, et que sur Mayotte, aucune mesure de protection de ces animaux n’a jamais été prise, ils sont considérés comme nuisibles par les paysans et la déforestation les poussent à chercher leur nourriture dans les villes. Aujourd’hui, la menace est réelle, la mesure d’expulsion a été prononcée et des solutions les plus farfelues ont été proposées, comme celle de stériliser tous les animaux ! Un acharnement administratif inadmissible !

A 60 ans, Brigitte Gandon continue de se battre, « je leur ai fait la promesse de les protéger toute ma vie et c’est ce que je ferai », mais sans aucun moyen autre que son dévouement.
L’ilot M’Bouzi
La petite boutique de Brigitte Gandon
Plusieurs fois par semaine, le ravitaillement
Plusieurs fois par semaine, le ravitaillement
Un camp de fortune construit par la légion étrangère
Le fulvus mayottensis descend de 4 espèces de madagascar
la population se régule naturellement évitant la surpopulation
Les makis se nourrissent de feuilles, fleurs; fruits et insectes
Le complément alimentaire représente 20% des apports journaliers
 
La nurserie pour soigner les animaux qui lui sont confiés
J.Baptiste avec SALMA et FALAVEL
Les bébés sont soignés à la nurserie
Un seul désir, les protéger
Chaque maki a une fiche d’identité
Une étude unique depuis
20 ans
Brigitte Gandon connait tous les noms des makis de M’Bouzi
 Yaho
 Xiu
 Marius
 Pepa
 Jeff
 Safia
 Sui-To
Peu protégés, les makis voient leur habitat se réduire dangeureusement
La surpopulation réduit l’habitat naturel de la faune locale
La pollution met en danger la faune locale
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A MAYOTTE, LES MAKIS FONT DE LA RÉSISTANCE